Le  Journal  de Tom Reg

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Et oui, il semble que T.R. se soit enfin décidé à éditer ici des pages de son journal personnel ! C'est du courage ou de l'inconscience...Encore qu'il n'y ait peut-être pas de quoi fouetter un chat ! Seulement ce qui le rend perplexe devant l'ampleur de ces écrits, tenus souvent au jour le jour durant des années et qui représentent maintenant des milliers de pages manuscrites, c'est qu'il ne saurait être question de les publier toutes ici en même temps et qu'il conviendrait d'en extraire une sélection. Mais selon quels critères ? En outre si l'ordre chronologique est souvent la règle pour ce genre de composition, il choisirait  pour une fois d'y déroger et de lui préférer l'ordre...aléatoire ! 

Donc des jours prélevés au hasard sur la bonne vingtaine d'années pendant lesquelles ce journal fut tenu de manière régulière (y compris lors de voyages en AFN, en Italie, en Angleterre ou ailleurs, même si certains d'entre eux ont été relatés sur des pages à part réunies parfois sous le vocable "Notes de voyages" mais toujours datées). Si nécessaire, le contexte relatif à certains passages sera précisé.

Ce tirage au sort dans les jours et les nuits d'un passé déjà souvent oublié ou bien estompé est aussi il faut bien le dire particulièrement éprouvant pour l'auteur qui n'a pas une réelle souvenance de tout ce qu'il a pu noter sur lui-même ou son entourage dans l'ensemble de ses innombrables petits carnets, blocs-sténo ou autres  (même s'il en a perdu beau-coup) du seul fait qu'il avait depuis le début comme règle d'or de ne jamais se relire ! Et comme à présent il s'est fait comme nouvelle règle la plus stricte de ne pas modifier ou omettre quoi que ce soit du contenu des pages qui sortiront  de ces sortes d'oubliettes, il en a tout de même, sinon des sueurs froides, tout de même une certaine appréhension !

Mais en réalité on peut se demander pourquoi un tel trac au sujet de quelque notations relatives à une vie somme toute assez ordinaire, quoique...mais non, on se prend à tout exagérer des petits tracas dont on croit se souvenir tout à coup et auxquels on craint d'être de nouveau confronté par cette curieuse pratique de repêchage au hasard dont on attend tout de même que ne seront pas dénichés les passages à tort ou à raison les plus redoutés ou dont on craindrait même encore quelques retombées, ne serait-ce qu'intérieures, par quelque effet désobligeant encore actif dans ces lignes malgré toutes les années !

Il faut dire que c'était à l'époque la grande mode de l'épanchement intime à tout-va, du plus sulfureux tu n'existes plus, du plus saumâtre je t'envoie paître et le tout à l'avenant !

Oh certes parmi toutes ces pages, ces feulles etc, il est peu probable qu'il tombe du premier coup sur la pire ou disons la moins avenante ou même tout simplement la plus barbante de tout le lot alors pourquoi ne pas revenir au bon vieux principe de base qui régit depuis toujours l'ordre dans les journaux intimes ? Le  chronologique !

Et puis enfin quoi tout de même, si jamais on tombe sur des pages que l'on juge à présent déplaisantes, peut-être de nature à choquer ou disons à mettre mal à l'aise, on peut très bien passer à la suivante...Mais le peut-on vraiment ?Normalement non, vu l'engagement qu'on a pris vis à vis de soi-même, et aussi en vertu de cette idée qu'on a souvent tendance à exagérer la caractère  vraiment particulier de ce qu'on a pu écrire, il y a de cela des lustres en plus et cette sorte de pudeur ou simplement de modestie, qui vous vient tout à coup semble pour le moins suspect.

Il y a aussi derrière cette crainte d'aller fourrer son nez dans des écrits dont la teneur en est certainement en grande partie oubliée, le risque de se retrouver scotché à cette lecture pour le moins étrange concernant les faits ou pensées d'une personne qui n'est pourtant que soi-même mais dans un autre temps et à une autre époque et sans doute si différente de ce qu'on est devenu... Allons-y peut-être quand même car comme il est dit dans ce film célèbre qui repasse souvent à la télé, "si on s'intoxique on peut toujours s'arrêter" !

Et si contraire il les trouvait assommantes ses bonnes pages de calepins d'autrefois, sans aucun intérêt pour qui que ce soit ? Qu'a-t-il eu durant des années à noter tout cela ? Des choses aussi insignifiantes ! Ah ce ne sont pas les "Choses vues" de Victor Hugo ! Et écrites comme on radote tout seul dans son coin faute de pouvoir réellement parler ! Sans aucun doute seulement après tout, outre que V.H. n'est plus franchement une référence en matière de prose jubilatoire étant même déjà devenu à n'en pas douter un tantinet ringard ou lourdaud, les siennes ont peut-être très bien vieilli, ses moindres notations pris du chien, de la couleur ou sont encore tout simplement de nature à faire surgir quelque parfum d'alors, une vague odeur du temps jadis ! Au fait, à quand remontent-elles exactement ? Difficile à dire, cela semble s'étaler sur une période totale assez longue  ... (suite)                 

 

 

 

 

 

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